Genre formica

 

 

Les fourmis du genre Formica battent tous les records quant aux dimensions d'une société animale. Au Japon, une super colonie de ces fourmis couvrait 270 hectares pour 45000 nids interconnectés. Une super famille d'environ 300 millions d'individus.

Les fourmis rousses possèdent une glande à poison (vessie ou est stocké l'acide formique) et des mandibules (crochets situés au deux extrémités de la bouche, permettant d'attraper une proie ou de combattre).

 

Le nid :

Les fourmis rousses creusent des galeries dans le sol, et font aussi un dôme. A quoi sert-il ? Je vous le dirai dans quelques instants. Mais parlons tout d'abord des galeries dans le sol : les galeries peuvent aller très profondément. Certains nids vont jusqu'à 2 mètres de profondeur, et parfois plus. Je n'ai pas beaucoup de choses à dire à propos des galeries, c'est pourquoi je passe tout de suite au dôme :

Le dôme que les fourmis rousses font est un amoncellement de brindilles et d'épines. Il est parfois de la taille considérable de 150 centimètres.

a/ Les incessants remaniements des brindilles :

Otto nous l'a prouvé par une expérience : Il teint le dôme en bleu en versant de la peinture à séchage rapide. Une fois l'agitation calmée, les fourmis apportent de nouvelles brindilles. Au bout de quelques temps, le dôme est recouvert de brindilles non teintent qui recouvrent les brindilles bleues. Après plusieurs semaines, ont peu remarquer que les brindilles bleues ont été remises au dessus du dôme. Donc les brindilles ont été transportées des couches profondes aux couches superficielles.

b/ Pourquoi le dôme est-il toujours propre et lisse, et comment font les fourmis pour le garder propre et lisse ?

Tout les remaniements des brindilles nous expliquent un fait extrêmement évident que personne remarque : le dôme est propre. Regardez bien, vous ne verrez jamais, ou sauf exception, des feuilles sur le dôme. Elles sont soit au pied de celui-ci, ou sous la masse de brindille. Le dôme est sujet d'une surveillance constante. Pour le montrer, une petite expérience : plantez perpendiculairement des brindilles dans le dôme. En premier lieu, vous ne verrez qu'une grande agitation, mais au bout d'un certain temps, l'agitation calmée, les brindilles plantées sont enlevées et jetées à la base du dôme.

Comment font-elles ?

Ont-elles pris l'initiative d'enlever les brindilles, ou est-ce simplement une question de réflexe ? Rémy CHAUVIN a émit une hypothèse : toute brindille enfoncée perpendiculairement à la surface du dôme déclenche un réflexe de creusement à sa base, et d'autant plus si les brindilles sont plus grosses et enfoncées plus profondément. Au bout de peu de temps, la brindille s'incline, tombe, et les fourmis peuvent l'emporter. C'est une hypothèse comme un autre, mais elle est assez vraisemblable.

c/ "L'horreur du creux".

Je pense que vous serez d'accord pour dire que le contraire d'un creux est un monticule. Placez une poignée de brindilles sur le dôme, de façon à former un petit monticule. Ceci forme une irrégularité dans le dôme. Au bout d'un certain temps, les fourmis enlèveront le petit monticule que vous avez fait. Ensuite, faites un petit creux dans le dôme. Vous verrez là aussi que les fourmis enlèveront l'irrégularité. En observant bien, on peu remarquer que les fourmis sont plus lente à enlever des brindilles, plutôt qu'à en remettre.

Jusqu'où peut aller cette "horreur du creux" ? Une petite expérience : Placez une boite en carton ou en bois sur le dôme. Revenez plusieurs jours plus tard et vous verrez que la boite est rempli de brindilles. Les boites sont facilement repérable, mais faites un petit creux dans le dôme, et vous verrez qu'il est vite rebouché.

Comment font les fourmis pour détecter des creux ? Peut-être le sens de l'équilibre, car un grand nombre d'insectes arrivent à détecter des différences d'inclination minimes du sol. Il y a peut de chance que ce soit le sens de la vue, car les fourmis sont myopes. Personne ne sait vraiment pourquoi les fourmis ont en horreur les creux. Peut-être existe t-il une raison biologique ancrée dans leur évolution.

d/ Les fourmis rousses en hiver :

On trouve dans les galeries des masses épaisses de fourmis. Si on mesure la température du nid, on verra quelle ne s'élève guère au dessus de 0°C s'il gèle au dehors (Ceci est une grande différence avec les abeilles, qui elles, arrivent à maintenir une température bien plus élevé que celle de l'extérieur). La descente dans les galeries du fond coïncide avec la baisse de température du dôme, qui débute dès septembre et qui s'accentue rapidement. Au même moment apparaissent dans le peuple des ouvrières, des individus dont l'abdomen est énormément gonflé et bourré de réserves de nourritures. Ces individus représentent environ un tier de la population. Composition de la population dans la fourmilière en hibernation : 1/ Les femelles ; 2/ Les fourmis-réservoirs à abdomen dilaté, réserves importantes, ovarioles bien développés, vésicule à venin vide, transpiration et échanges gazeux également réduits ; 3/ Les fourmis du service extérieur, pauvres en réserves, à ovarioles totalement régressés, vésicule à venin remplie, échanges gazeux et transpiration forte ; 4/ Les ouvrières du service intérieur, dont le développement organique, les réserves et le métabolisme occupent une place intermédiaire.

Le réveil :

L'hibernation cause des dégâts parfois très important à une colonie : Durant l'hiver, beaucoup d'animaux comme les piverts ou les renards (ils y en a beaucoup, donc je ne les citerai pas tous) peuvent déguster tranquillement les fourmis qui ne pourront se défendre à cause du froid. Ces animaux font des trous dans le dôme pour récupérer des larves, ou des fourmis. Le printemps, pour les fourmis des bois, va consister dans le démarrage des activités saisonnières après le repos hivernal. Grâce à la forme des nids et à leur couleur, la neige va disparaître assez rapidement du sommet, et il n'est pas rare de mesurer à cette époque, au milieu de la journée des températures pouvant dépasser 40°C à la surface du dôme. Cette chaleur va diffuser à travers le matériel de construction du nid et la température commencera à s'élever lentement à l'intérieur de la fourmilière. En quelques jours, la majorité de la société va venir prendre son bain de soleil. On dit que les individus sont en "insolation passive". Il n'y a pas que les ouvrières qui prennent leurs bains de soleil. Suivant que la société est monogyne (une seule reine par société) ou polygyne (plusieurs reines par société), les reines participent plus ou moins activement à cette sortie. Dans le cas des sociétés monogynes, la reine est rarement visible, elle se tient dans la masse des ouvrières ou s'arrête dans les zones supérieures de la fourmilière. Dans le cas des société polygynes, la situation est différente : les reines viennent aussi à la surface prendre leur bain de soleil.

 

Vol nuptial et fondation :

 

Ces étapes seront, dans l'ordre, l'envol pour le vol nuptial, l'accouplement des femelles avec un ou plusieurs mâles (l'accouplement s'effectue au sol, ces individus étant trop lourds pour s'accoupler dans les airs), l'arrachage des ailes, désormais inutiles, des futures reines; la recherche d'une société de fourmi d'une autre espèce pour assurer la fondation proprement dite de la future société.

Les princesses sont des fourmis sexuées. Ce sont les seules fourmis de la colonie à pouvoir fonder une autre colonie. L'envol nuptial se passe au printemps. L'accouplement se passe au sol, mais les fourmis se sont envolées auparavant. Les femelles sont fécondées par plusieurs mâles, jusqu'à ce que leur spermatèque soit pleine. Les mâles meurent quelques jours, ou quelques semaines après l'accouplement. Les princesses arrachent leurs ailes qui leurs sont maintenant d'aucune utilité, car la reine reste toutes sa vie dans la fourmilière et quelque fois sur la fourmilière. Les femelles fécondées sont incapables de fonder à elles seules leur propre société. Elles doivent parasiter une société d'une autre espèce de fourmis en usurpant la place de la reine, ou alors être acceptées dans une société polygyne (plusieurs reines) de la même espèce. Donc deux possibilités : dans le premier cas, que l'on désigne sous le terme de parasitisme social temporaire (puisqu'il ne durera que le temps nécessaire à la reine pour produire ses premières ouvrières ), il faut que la reine des fourmis des bois fraîchement fécondée puisse pénétrer dans une fourmilière d'une autre espèce. Une fois à l'intérieur de la fourmilière hôte, la jeune reine devra arriver jusqu'à la reine et la tuer pour prendre sa place. Si elle réussit, elle pourra alors se mettre à pondre ses premiers oeufs, qui seront pris en charge par les ouvrières hôtes, ce qui leur permettra de se développer et d'atteindre le stade adulte. Il faut aussi savoir que très peu de princesses arriveront à fonder une colonie. Un très grand pourcentage meurt, manger par les oiseaux par exemple.

 

Comment reconnaître les reines et les princesses des mâles :

Les reines et les princesses sont plus grandes que les mâles et que les ouvrières. Elles ont la tête et l'abdomen noir (l'abdomen est assez brillant),tandis que le thorax est brun. Leurs mandibules sont aussi grandes que celles des ouvrières.

Les mâles sont en majorités noirs. Juste l'extrémité de leur abdomen est jaune. Leurs yeux sont plus gros que ceux des reines et des ouvrières. Très petites mandibules.

 

Formica rufa en position de tir : passage en avant de l'abdomen.

 

Espèces :

Nom de l'espèce

Formica rufa

Formica sanguinea

Formica lugubris

Formica polyctena

Formica pratensis

Formica truncorum

Formica uralensis

Formica aquilonia

Formica cinerea

Formica cunicularia

Formica decipiens

Formica foreli

Formica lemani

Formica naëfi

Formica fusca

Formica picea

Formica gagates

Formica transkaucasica

Formica subrufa

Formica nigricans

Formica suecica

Formica rufibarbis

Formica torentium

Formica pressilabris

 

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