Un grand nombre de fourmis s'intéressent aux pucerons et aux cochenilles, car ces insectes excrètent par l'anus le trop-plein de la sève qu'ils absorbent. C'est une liqueur assez riche en sucres et assez pauvre en azote que les fourmis adorent : en été, si vous observez une colonie de pucerons, vous verrez presque tout le temps des fourmis en train de les "traire", c'est à dire de leur tapoter des antennes l'extrémité de l'abdomen pour les amener à rejeter un goutte de miellat.
Les fourmis et les pucerons ce sont bien adaptés : Les pucerons ne font rien pour échapper aux fourmis, bien qu'ils ne soient pas dépourvus de moyens de défense : ce sont des siphons qui sont situés à la partie postérieure du corps et qui rejettent en cas d'attaque un substance gluante. Les siphons sont souvent absents ou réduits chez les pucerons à fourmis. Ensuite, les pucerons éjectent doucement le miellat lorsque les fourmis leur en demande, au lieu de le projeter au loin, comme quand elles ne sont pas là. On n'a pas retrouvé chez les cochenilles ces adaptations si curieuses, bien que les fourmis les fréquentes aussi. Les fourmis rendent bien leur politesse aux pucerons : elles ne les tuent pas et ne les mangent pas (ceci n'est pas toujours vrai). Elles les protègent de leurs ennemis, et les transportent à l'abri lorsqu'ils sont trop en danger.
Comment les fourmis abordent-elles les pucerons ? C'est Kloft qui a émis le premier une théorie qui est probablement la bonne : d'après lui, l'arrière des puceron ressemblerait à la tête d'une fourmis : les pattes arrières se soulèvent et encadrent l'abdomen comme des antennes. Les fourmis sollicitent les pucerons comme elles le ferait avec une fourmis du même nid. On a vu aussi des fourmis gorgées offrir de la nourriture à l'arrière d'un puceron. Les pucerons à fourmis n'ont généralement pas de siphons, ce qui aide à la ressemblance.
L'action protectrice des ouvrières : La qualité de la protection dépend à la fois de l'espèce de fourmi et de l'espèce de puceron ou cochenille. Il y a des fourmis qui protègent très bien leur bétail, comme la fourmi d'Argentine, et d'autres qui le protège très mal. Dans bien des cas, les pucerons et les cochenilles se multiplient beaucoup plus vite si les fourmis s'en occupent. La prospérité des pucerons et cochenilles dépend aussi de l'espèce de fourmi. Van de Goot trouve qu'au bout de quatre mois et demi le nombre moyen de cochenilles est de soixante-dix sur les buissons sans fourmis, de quatre cents lorsque les fourmis Dolychoderus les soignent, mais de mille cinquante-sept lorsque c'est Anoplolepis.
Les fourmis et les pucerons avec l'agriculture : En générale, les fourmis sont plutôt nuisibles à l'agriculture car elles élèvent des pucerons et des cochenilles. Mais tout les pucerons ne sont pas mauvais. Par exemple, les pucerons que les fourmis rousses fréquentes ne sont pas nuisibles. Ils sucent le phloème (sève qui circule dans les tubes criblés) et ils ne transmettent pas de maladies à l'arbre.